artist

miss kittin & the hacker

   
perform as

dj team . live

   
related projects

miss kittin . the hacker

   
label/city

mkth recordings / paris, grenoble, france

   
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C'était en 2001. La comptine electro "Frank Sinatra", conduite par une mélodie légère et par l'humour piquant de Miss Kittin, fait le tour du monde: "To be famous is so nice. Suck my dick! Lick my ass! In limousines we have sex, every night with my famous friends." Karl Lagerfeld, Marilyn Manson ou Elton John (qui dit offrir le disque à tous ses amis) se proclament fans du duo. Avec le succès de Miss Kittin & The Hacker, la musique électronique hexagonale trouve un second souffle, inattendu, après l'usure des boucles disco de la French Touch.

Caroline Hervé (aka Miss Kittin) et Michel Amato (aka The Hacker) se rencontrent à Grenoble au début des 90's, en rave. Ce courant, qui bat alors son plein en Angleterre, connaît ses balbutiements en France. "A Grenoble, on devait être dix personnes à fréquenter les soirées techno" se rappelle The Hacker. Comme pour beaucoup de gens de leur génération, la techno est une claque musicale et culturelle. Les deux amis s'achètent des platines et jouent chacun de leur côté comme DJ. Leur notoriété, bien qu'essentiellement nationale, croît petit à petit. En 1996, le label français Tekmics demande, pour une compilation, un titre à Miss Kittin. Elle se tourne vers The Hacker (qui effectue déjà des tracks avec le projet hardcore XMF ou en solo dans des thèmes plus techno) pour le produire. Le duo Miss Kittin & The Hacker voit ainsi le jour. Son premier morceau s'appelle "Gratin Dauphinois". D'autres vont bientôt suivre ...

A cette époque, la techno, au sens strict, est à son apogée. Le tempo s'avère souvent rapide et cette musique, rageuse, se base sur une superposition de boucles hypnotiques. Miss Kittin & The Hacker affectionnent ce style comme DJs (Jeff Mills est un de leurs héros), mais ils décident d'en prendre le contre-pied dans leurs compositions, préférant plonger dans une electro-pop naïve et désinvolte. Leur écriture est directe, spontanée, à peine réfléchie, souvent effectuée à l'aide d'un matériel primaire (quelques synthés, une boîte à rythmes, un micro...). Les titres de Miss Kittin & The Hacker apparaissent alors comme une petite hérésie. Avec eux, la techno trouve un format chanté, basé sur le schéma pop du couplet-refrain, fortement influencé par les années 80 (Cabaret Voltaire, Depeche Mode ou New Order en particulier).

Le Munichois DJ Hell, qui vient de fonder le label International DJ Gigolo, craque sur les démos du duo et le signe en 1997. Les premiers maxis de Miss Kittin & The Hacker ("Champagne" et "Intimités") marchent d’emblée Outre-Rhin. Le hit "1982" (un clin d’oeil à la musique de cette année-là) tourne même sur MTV Allemagne. Un autre titre se distingue vite: "Frank Sinatra", un hymne déluré et délirant, composé en quasi impro, en plein après midi, dans le studio du magasin de disques Ozone à Grenoble.

Miss Kittin & The Hacker se retrouvent rapidement à jouer en live. Ils développent une image forte: elle, exubérante, sur le devant de la scène, déguisée en infirmière dominatrice, lui, derrière, de marbre derrière ses machines, tel un fantasme ultime du duo des 80’s (la diva sous les feux des projecteurs, le compositeur dans l’ombre). Bientôt, d’autres artistes percent à leur tour en concoctant une formule electro-pop, glam et chantée. Tiga, Fisherspooner, tous deviennent des stars d’un courant baptisé electroclash dont Miss Kittin & The Hacker sont présentés comme les pionniers.

Précédé d’une nouvelle version de "Frank Sinatra" ("Frank Sinatra 2001") en single, "First Album" sort en 2001. Ce premier album reprend les thèmes de prédilection des Français: une electro-pop synthétique, souriante, ingénue ("Life On MTV", "Stock Exchange") ou plus sombre et malsaine ("Stripper"), caractérisée par le chant empli de dérision et l’accent frenchie de Miss Kittin. Ce disque marque une étape supplémentaire. La tournée s'intensifie, le duo joue tous les week-ends et s'envole pour les USA, le Canada, l'Amérique du Sud...

À la fin de l'été 2002, l'electroclash bat son plein. Miss Kittin & The Hacker sont au sommet. Et c'est alors qu'ils décident de s'arrêter. "On était épuisés, on devait faire une pause, se consacrer à d'autres projets, ne pas s'enfermer dans la même formule musicale" avoue The Hacker. Certains parlent alors de split, il n'en est rien. "On ne s’est jamais séparés, on a juste fait un long break" sourit Miss Kittin.

Fin 2002, Miss Kittin & The Hacker, en duo, mais aussi chacun en solo, sont devenus des pontes de la musique électronique. La première est une voix très courtisée (elle collabore avec Felix Da Housecat, Sven Väth…), une DJ star, à l'oreille éclectique (à l'image de ses CDs mixés "Radio Caroline", "A Bugged Out Mix") qui connaît un joli succès avec son album "I Com'" (en 2004). De son côté, The Hacker, qui s'impose comme un DJ electro et techno hors pair, enchaîne les maxis et les remixes (Marc Almond, Laurent Garnier, Air, Nitzer Ebb...). Sa carrière prend un nouveau tournant avec la réussite de son second album "Rêves Mécaniques" (2004), conduit par le tube "Flesh & Bone".

Finalement, au milieu de ses carrières solos épanouies, le duo va revenir comme il était parti: par surprise. Au cours de l'année 2006, de manière spontanée, en dehors de toute pression, juste pour le plaisir, les Français composent quelques titres ensemble. Deux d'entre eux paraissent au printemps 2007 sur le maxi "Hometown" (qui sort sur Goodlife, le label fondé en 1998 par The Hacker et son ami Oxia). Miss Kittin & The Hacker y dressent de nouvelles perspectives, deux extrêmes qui semblent se compléter. Le morceau "Hometown" déploie un thème disco, lumineux et émotionnel (le titre est un hommage à leur ville natale Grenoble). "Dimanche", composé à Berlin en rentrant d'after, présente une face plus techno, dark et minimale, marqué par l'esprit des raves des 90's.

Très vite, une mini-tournée s'organise. Elle débute par un énorme concert devant des milliers de personnes sous le pont du Gard, en juillet. A chaque date, il en est ainsi: le public répond massivement présent. Le duo, lui, en profite pour développer son nouveau style sur scène. Entre morceaux "relookés" et titres inédits ("Belgium", "PPPO" ou une superbe reprise du "Suspicious Mind" d'Elvis Presley), Miss Kittin & The Hacker quittent les badineries electroclash et dévoilent un visage toujours pop, parfaitement accessible, mais plus élégant, mûr et contrasté. Un avant-goût abouti, et alléchant, de leur prochain album, et de leur prochaine tournée, assurément un des grands évènements de la scène électronique de 2008.

écrit par Damien Almira
   
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